Article pilier

Commission Uber Eats vs Deliveroo en 2026 : comparatif complet pour restaurateurs

Par commandeici ·
Restaurateur consultant les tarifs de commissions des plateformes de livraison Uber Eats et Deliveroo

En 2026, la marge nette moyenne d’un restaurant indépendant français oscille entre 8 % et 12 % du chiffre d’affaires, selon les chiffres consolidés par l’INSEE et la branche restauration de l’Umih. Dans ce contexte, accepter une commission de plateforme à 30 % sur chaque commande n’est pas un détail comptable : c’est une décision qui peut faire basculer un établissement vers le rouge en moins d’un trimestre. Uber Eats et Deliveroo, les deux poids lourds du marché tricolore, affichent des grilles tarifaires qui se ressemblent en surface mais divergent fortement sur les frais cachés, les politiques de remboursement client et la marge de négociation réelle. Ce comparatif détaille chaque structure en 2026, calcule l’impact concret sur la marge d’un restaurant type, et propose des leviers d’arbitrage pour les restaurateurs qui veulent reprendre la main sur leur rentabilité.

Contexte 2026 : pourquoi la commission est devenue le sujet numéro un des restaurateurs

La livraison à domicile représente désormais 24 % du chiffre d’affaires des restaurants urbains français, contre 8 % en 2019, selon les baromètres publiés par Food Service Vision. La pandémie a accéléré l’adoption, mais elle a aussi habitué les restaurateurs à une dépendance structurelle aux plateformes. En 2026, après quatre années de pression sur les marges (hausse des matières premières, énergie, salaires conventionnels relevés à 1 870 € brut au minimum dans la branche HCR), la commission plateforme est devenue le poste de coût le plus visible et le plus contesté.

Uber Eats France revendique environ 30 000 restaurants partenaires actifs et Deliveroo France un peu plus de 20 000. Ensemble, les deux acteurs concentrent près de 80 % du marché de la livraison de repas en zone urbaine dense. La concurrence n’a quasiment plus d’effet régulateur sur les prix : les grilles de commission sont quasi alignées, et les périodes de promotion d’acquisition (commission réduite à 0 % les premières semaines) servent surtout à enrôler de nouveaux partenaires avant le retour au tarif plein.

Structure de commission Uber Eats en 2026

Uber Eats propose en France trois formules contractuelles, dont les taux affichés au 1er janvier 2026 sont les suivants :

  • Marketplace Plus (livraison par Uber) : 30 % HT par commande. C’est l’offre par défaut, celle qui apparaît dans 95 % des contrats signés en 2024-2025. Inclut la livraison par un coursier Uber, la couverture assurance, le service client côté plateforme.
  • Marketplace (livraison par le restaurant ou un prestataire tiers) : 15 % HT par commande. Le restaurateur conserve la maîtrise de la livraison, soit avec ses propres scooters, soit en sous-traitant à une société locale.
  • Lite : 6 % HT par commande, mais le restaurant n’apparaît qu’en bas des résultats de recherche, sans visibilité prioritaire et sans accès aux outils marketing (promotions sponsorisées, audience ciblée). Offre marginale, peu utilisée.

À ces taux s’ajoutent des frais que la plateforme communique peu en phase de signature :

  • Frais de tablette ou de tablette virtuelle : facturés 10 € HT par mois jusqu’en 2024, désormais inclus pour les nouveaux contrats mais maintenus sur les anciens.
  • Frais marketing facultatifs : promotions sponsorisées (CPC ou CPA) facturés en sus, à partir de 50 € HT par campagne hebdomadaire.
  • Frais de remboursement client : si un client signale un produit manquant ou incorrect, Uber Eats rembourse le client puis refacture intégralement le restaurant, même quand la responsabilité est ambiguë. Ce poste représente entre 1 % et 4 % du CA livraison selon les retours collectés par l’association Restaurateurs Indépendants en 2025.
  • TVA : la commission est soumise à TVA à 20 %, généralement récupérable si le restaurant est assujetti.

Structure de commission Deliveroo en 2026

Deliveroo adopte une grille proche, avec quelques nuances importantes :

  • Marketplace Plus (livraison par Deliveroo) : 30 % HT par commande, parfois ramené à 28 % pour les enseignes à fort volume négociant en direct.
  • Marketplace (livraison restaurant) : 15 % HT à 17 % HT selon la zone et le segment (premium, casual, fast).
  • À emporter (Pickup) : 12 % HT, lorsque le client commande sur Deliveroo mais vient chercher la commande directement au restaurant.
  • Deliveroo Plus : programme abonnement consommateur (livraison illimitée pour 5,99 €/mois), qui n’affecte pas directement la commission mais augmente le volume de petites commandes peu rentables pour le restaurant.

Spécificités Deliveroo notables :

  • Service Charge consommateur : Deliveroo facture au client final un frais de service variable (entre 1,49 € et 2,99 €) qui ne revient pas au restaurateur. Cette pratique, contestée devant la DGCCRF en 2023, reste en vigueur en 2026.
  • Refunds politique zéro-friction : Deliveroo a la réputation, documentée par plusieurs enquêtes (Le Monde, mars 2024 ; BFM Business, octobre 2025), d’accorder facilement des remboursements clients sans contre-enquête approfondie. La refacturation est ensuite quasi automatique au restaurant, qui doit contester dans les 14 jours.
  • Frais de tablette : 12 € HT par mois sur les contrats antérieurs à 2025, désormais inclus.

Frais cachés et asymétries contractuelles

Les commissions affichées de 30 % ne reflètent pas le coût réel supporté par le restaurant. Trois postes pèsent lourd dans les comptes annuels :

1. Refacturation des remboursements clients. Un produit signalé manquant ou froid déclenche un remboursement automatique. Sur un restaurant moyen générant 400 commandes par semaine en livraison, le taux de litige observé tourne autour de 2 %, soit 8 commandes refacturées hebdomadaires. À 18 € de panier moyen, cela représente 144 € HT par semaine, ou 7 500 € HT par an, à ajouter mentalement à la commission nominale.

2. Promotions imposées ou fortement incitées. Les plateformes proposent régulièrement des campagnes “20 % offerts par le restaurant” présentées comme optionnelles, mais dont le refus se traduit par une perte de visibilité algorithmique. Selon une enquête de l’Observatoire de la Restauration (édition 2025), 62 % des restaurateurs déclarent participer à au moins une promotion par mois pour “ne pas disparaître des classements”.

3. Frais de service consommateur captés par la plateforme. Sur Deliveroo, le frais de service prélevé au client (1,49 € à 2,99 €) ne revient pas au restaurant. Sur Uber Eats, le frais de livraison (2,49 € à 4,99 €) est intégralement conservé par la plateforme. Le restaurateur paie sa commission sur le sous-total des plats commandés, hors frais de service, mais le client final perçoit la facture totale comme provenant du restaurant.

TVA et impact sur la trésorerie

La commission Uber Eats et Deliveroo est facturée HT en France, et soumise à TVA à 20 %. Pour un restaurant assujetti, la TVA est récupérable, mais elle pèse en trésorerie : le restaurant avance la TVA sur chaque facture mensuelle de la plateforme et ne la récupère qu’au prochain dépôt de déclaration.

Plus subtilement, la commission est appliquée sur le sous-total TTC perçu par le client (donc plats + TVA restauration à 10 %), pas sur le HT du restaurant. Concrètement, sur une commande de 22 € TTC (20 € HT + 2 € de TVA), la commission Uber Eats de 30 % est de 6,60 € HT. Le restaurant facture 20 € HT mais supporte une commission calculée sur 22 €. C’est un point que beaucoup de restaurateurs découvrent au moment de la première facture mensuelle.

Cas étude : un restaurant générant 1 500 € de CA quotidien

Prenons un restaurant urbain réaliste de 2026 : 1 500 € de chiffre d’affaires quotidien TTC, dont 600 € (40 %) via la livraison sur Uber Eats et Deliveroo (300 € par plateforme). Marge brute matières à 70 % (typique du segment casual). Charges fixes (loyer, salaires, fluides) à 50 % du CA total.

Sur Uber Eats Marketplace Plus à 30 % : commission jour de 90 € HT sur 300 € TTC. Sur l’année (300 jours d’activité), cela représente 27 000 € HT de commission, auxquels s’ajoutent environ 1 200 € de refacturations remboursements et 2 400 € de promotions co-financées. Total Uber Eats : 30 600 € HT annuels.

Sur Deliveroo Marketplace Plus à 30 % : structure quasi identique, total annuel autour de 30 000 € HT.

Total commissions plateformes : 60 600 € HT annuels sur un chiffre d’affaires livraison de 180 000 € TTC, soit un taux effectif de 34 % du CA livraison. Sur la marge brute de 70 %, il reste 36 % de marge avant charges fixes sur les commandes livrées, contre 70 % sur les commandes directes au comptoir.

Avec un mix 40 % livraison / 60 % salle, la marge nette consolidée passe de 12 % (tout en salle) à environ 6 % (mix actuel). Autrement dit, basculer 40 % du CA en livraison divise la marge nette par deux.

La négociation : un mythe pour les indépendants ?

Officiellement, Uber Eats et Deliveroo affichent des tarifs publics. Officieusement, des marges existent, mais elles sont réservées à certains profils :

  • Enseignes à fort volume (chaînes nationales, 50+ établissements) : commission négociée à 22-25 % chez les deux acteurs, parfois assortie d’engagements de volume.
  • Restaurants en zone à faible densité plateforme : les commerciaux locaux ont parfois la latitude pour proposer un taux à 27-28 % pendant six mois pour acquérir un partenaire stratégique.
  • Enseignes premium à panier moyen élevé (60 €+) : marge de négociation autour de 2-3 points.

Pour un indépendant moyen (un ou deux établissements, panier moyen 18-25 €), la marge de négociation est quasi nulle. Le levier le plus efficace reste la menace crédible de basculer en mode marketplace (15 %) ou de quitter la plateforme. Encore faut-il avoir préparé une alternative en propre.

Quand Uber Eats est-il préférable à Deliveroo (et inversement)

Au-delà du taux, plusieurs critères opérationnels différencient les deux plateformes en 2026 :

Uber Eats est généralement préférable quand : le restaurant est situé en zone très dense (Paris intra-muros, Lyon presqu’île, Bordeaux centre), où l’algorithme Uber pousse davantage de commandes ; quand le panier moyen est inférieur à 20 € (Uber capture mieux la clientèle “snacking solo”) ; quand le restaurant veut maximiser le volume au détriment de la marge unitaire.

Deliveroo est généralement préférable quand : le segment est premium ou casual+ (panier moyen 25 €+) ; quand l’établissement vise une clientèle de bureaux ou résidentielle aisée ; quand la cuisine demande une livraison soignée (Deliveroo a longtemps eu une politique de tri qualitative plus stricte, même si elle s’est érodée depuis 2024).

Beaucoup de restaurateurs choisissent d’être présents sur les deux pour ne pas perdre de visibilité. C’est une décision rationnelle à court terme, qui se paie cher sur la marge nette annuelle.

Verdict : aucune des deux n’est rentable seule, l’arbitrage est ailleurs

À 30 % de commission, ni Uber Eats ni Deliveroo ne permet à un restaurant indépendant moyen de dégager une marge nette correcte sur la livraison. Le débat “lequel choisir ?” est donc en partie un faux débat : les deux plateformes facturent des tarifs comparables, avec des frais cachés similaires, et la différence se joue sur des points secondaires (algorithme local, profil de clientèle, qualité du support).

L’arbitrage stratégique se situe ailleurs : faut-il rester captif des plateformes ou bâtir un canal de commande en propre ? En 2026, plusieurs solutions de commande en ligne propriétaires (dont CommandeICI, notre propre plateforme) proposent un abonnement mensuel fixe à la place d’une commission par commande. Le calcul est simple : si un restaurant fait 5 000 € de CA livraison par mois en propre, un abonnement à 19 €/mois lui coûte 0,4 % de commission équivalente, contre 30 % sur Uber Eats. Le bras de fer commercial avec les plateformes ne se gagne pas en négociant deux points de commission, il se gagne en construisant une part de CA livraison hors plateforme, progressivement, sur 12 à 18 mois.

Pour aller plus loin sur les arbitrages canal direct contre marketplace, consultez notre catégorie commande en ligne et nos guides restaurateurs.

FAQ : commission Uber Eats vs Deliveroo

Quel est le taux de commission moyen d’Uber Eats en France en 2026 ?

Uber Eats facture 30 % HT par commande sur sa formule Marketplace Plus (livraison par Uber), 15 % HT en mode Marketplace (livraison restaurant) et 6 % HT sur l’offre Lite à visibilité réduite. La formule Marketplace Plus représente la grande majorité des contrats signés en France. À ces commissions s’ajoutent des frais de remboursement client et, sur les anciens contrats, des frais de tablette mensuels.

Quel est le taux de commission de Deliveroo en France en 2026 ?

Deliveroo applique 30 % HT en Marketplace Plus (livraison Deliveroo), 15 % à 17 % HT en Marketplace (livraison restaurant) et 12 % HT sur la formule Pickup (commande à emporter via Deliveroo). Les grandes enseignes à fort volume négocient parfois 22 à 28 %, mais cette possibilité est quasi fermée aux indépendants. Un frais de service consommateur de 1,49 € à 2,99 € est par ailleurs prélevé sur le client final et conservé par la plateforme.

Uber Eats ou Deliveroo : laquelle prend la commission la plus élevée ?

Sur le tarif public affiché, les deux plateformes sont quasi identiques à 30 % HT. La différence se joue sur les frais annexes : Deliveroo capte un frais de service consommateur que le restaurant ne perçoit pas, tandis qu’Uber Eats facture davantage de promotions sponsorisées en sus de la commission. Sur un volume comparable, l’impact total sur la marge tourne autour de 34 % du CA livraison dans les deux cas.

Qu’est-ce que le mode Marketplace et combien permet-il d’économiser ?

Le mode Marketplace signifie que le restaurant prend en charge la livraison avec ses propres moyens (scooters internes ou prestataire tiers comme Stuart). La commission tombe à 15 % HT chez Uber Eats et 15 à 17 % HT chez Deliveroo, soit environ la moitié du tarif Marketplace Plus. C’est une option pertinente pour les restaurants situés dans un rayon réduit (moins de 3 km) avec un volume suffisant pour amortir un livreur dédié.

La commission Uber Eats et Deliveroo est-elle négociable ?

Oui, mais essentiellement pour les enseignes à fort volume (chaînes, 50+ établissements) ou les restaurants premium au panier moyen supérieur à 50 €. Pour un indépendant standard, la marge de négociation est quasi nulle sur le taux affiché. Le levier le plus efficace reste de basculer en mode Marketplace, ou de menacer crédiblement de quitter la plateforme en s’appuyant sur un canal de commande direct opérationnel.

Comment sont calculés les frais cachés au-delà de la commission affichée ?

Trois postes principaux s’ajoutent : les refacturations de remboursements clients (1 à 4 % du CA livraison), les promotions co-financées par le restaurant pour préserver sa visibilité algorithmique (2 à 5 % du CA livraison selon la stratégie) et, sur les anciens contrats, les frais de tablette mensuels. Sur un volume moyen, ces frais cachés ajoutent l’équivalent de 4 à 6 points de commission effective, portant le coût réel autour de 34 à 36 % du CA livraison.

La TVA s’applique-t-elle sur la commission Uber Eats et Deliveroo ?

Oui, les deux plateformes facturent leur commission HT en France et appliquent la TVA à 20 %. Un restaurant assujetti récupère cette TVA, mais il en supporte le coût de trésorerie entre la facture mensuelle de la plateforme et sa propre déclaration de TVA. Par ailleurs, la commission est calculée sur le sous-total TTC perçu par le client (plats à 10 % de TVA inclus), pas sur le HT du restaurant, ce qui majore légèrement la commission nominale.

Existe-t-il une alternative rentable à Uber Eats et Deliveroo en 2026 ?

Oui, plusieurs solutions de commande en ligne propriétaires permettent au restaurant d’encaisser les commandes en direct, sans commission par transaction, contre un abonnement mensuel fixe (généralement entre 19 € et 79 € selon le périmètre fonctionnel). Ces plateformes gèrent le menu, le paiement, la connexion à la caisse et l’envoi des tickets, mais laissent au restaurant la maîtrise de la livraison (interne ou via un agrégateur comme Stuart). Pour un restaurant générant plus de 3 000 € de CA livraison mensuel, le retour sur investissement d’un canal direct se fait en moins de deux mois.

Sources

#commission #uber-eats #deliveroo #comparatif #restaurateur